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Santa Muerte : un regard sur l'adoration vivace des populations marginalisées du Mexique

Dernière mise à jour : 19 déc. 2023

Le photographe Nigentz expose ses photographies autour de la protectrice de ceux qui risquent leur vie tous les jours






Dans le cadre de la Fête de Morts à Paris, art+art Galerie présent l’exposition Santa Muerte du photographe Nigentz. Du 24 octobre au 4 novembre 2023, le vernissage sera ouvert au public le 27 octobre, à 19h.


La Santa Muerte est la protectrice de ceux qui risquent leur vie tous les jours, en sursis à cause de la dangerosité de leur existence (voyous, narcotrafiquants, prostitué(e)s, transexuels, policiers, militaires..) Son culte est un mouvement dissident au sein du catholicisme, qui l’interdit formellement.

Ses fidèles sont non seulement souvent stigmatisés par la société mais aussi par leur propre église.


Son effigie, visuellement très forte, vient de la Faucheuse apparue en Europe au 16ème siècle lors des épidémies de peste, rappelant que tous étaient égaux face à la mort.

La Santa Muerte est aujourd’hui l’objet d’un adoration vivace, surtout auprès des populations marginalisées.


L’homme, dénué face à la mort, essaie d’exercer son contrôle sur ce qui lui échappe.

En se prévalant du pouvoir absolu de la Santa Muerte sur le monde, ses fidèles humanisent l’inconnu en transformant la réalité afin de la rendre plus douce.


Ses sphères d’influence sont les problèmes liés à l’amour, à la justice, à la prospérité, au succès, à la dépendance à l’alcool et la drogue.


Elle protège aussi de la magie noire.

J’ai fait ces portraits de rue à Tiltutlan, à la périphérie de Mexico City, mais surtout à Tepito, l’un des quartiers les plus mal famés de la ville.

C’est un haut lieu du trafic de drogue et de tout ce qui est illégal.


Le premier de chaque mois, la Santa Muerte y est célébrée dans la rue car elle est une Sainte sans église.


Les fidèles y amènent leurs statues pour les faire bénir par la gardienne de l’autel, avant la grande messe de fin de journée. Elles sont comme leur double qu’ils choient et soignent, une projection idéalisée d’eux-mêmes. Ils s’échangent cadeaux, alcools et marijuana lors de bénédictions mutuelles.


Marcher sur les genoux jusqu’à l’autel ou se faire tatouer une Santa est une des manières de s’acquitter de leur promesse envers celle qui a exaucé leur voeu.

Le tatouage devient un lien indélébile entre l’homme qui le porte et le divin.


Leurs corps résument souvent l’histoire de leur vie : idéaux, amours, drames, style de vie et croyances. Comme une mise en abîme, le fidèle devient alors à son tour un objet de culte, une icône estampillée d’images et d’ex-voto. Leurs peaux deviennent des surfaces autonomes sensibles à leur dévotion, comme dans un processus photochimique.


Ces photos seront exposées comme des images saintes, dans des cadres de photos baroques, au milieu d’offrandes comme dans un autel.


 

Nigentz


Directeur de la photographie depuis une vingtaine d’années, je suis responsable du cadre et de la lumière sur des films de fiction et des documentaires.


Je collabore avec des réalisateurs que j’accompagne en mettanten images l’univers qu’ils imaginent.


En parallèle à cette activité, depuis de nombreuses années je photographie des personnes qui se présentent au monde d’une manière singulière.


Je travaille sur l’identité et la représentation de soi à travers le corps mis en scène et transformé par les costumes, les maquillages, les tatouages ou les masques.

La photo me permet de rencontrer des gens extraordinaires, de découvrir leurs pensées et leurs croyances.


La prise de vue, dans l’échange intime qu’elle induit entre le photographe et les modèles, me permet de mieux les connaître.


Mes voyages me permettent de vivre cet état de curiosité et d’innocence, en me débarrassant de mes certitudes.


En 2019, j’ai commencé une série de photos au Mexique sur les masques traditionnels, puis une autre sur les Indiens Coras pendant la Semana Santa.


En 2021, j’ai initié un projet de portraits de fidèles de la Santa Muerte.

J’expose régulièrement mon travail (193 Gallery à Paris, galerie Arslonga à Aix-en-Provence, galerie Xilofago à Mexico City…)



 

+ agenda | Fête de Morts chez art+art Galerie




Atelier d'art avec un modèle vivant « La Catrina »

28/10 - 18h Rejoignez-nous pour un atelier d'art avec une introduction au personnage de « La Catrina », animé par l'artiste Ruth Morelos. Dans cet atelier, nous aurons une modèle vivant, « La Catrina », qui servira de sujet pour nous permettre d'apprendre davantage sur la Fête des mort. Prix 20 euros, réservation: ruthmorelos.art@gmail.com


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Défilé de Mode

28/10 - 20h Clutch Magazine rend hommage à « La Catrina » à travers un défilé de mode visant à mettre en valeur le talent des designers mexicains. Évènement sur invitation : RSVP nayelinava@clutch-magazine.com


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Finissage + Cinema

04/11 - 19h Notre festival se termine avec une projection des courts métrages proposés par nos amis du Festival Shorts México. Aussi, ce sera la dernière soirée pour découvrir « portraits de la Santa Muerte » l’exposition de l’artiste photographe Nigentz. Entrée libre.





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